Bon, j’ai une confession à vous faire : si j’ai posté un article afin de décrier le “moi aussi je peux le faire”… c’est que j’ai fait partie de ces gens-là ! Si, c’est ma faute, ma très grande faute ! Comment ai-je pu me diriez-vous ? C’était il y a fort longtemps. A cette époque, je ne savais pas ce qu’était l’art. Pire : j’en faisais (du moins je me plaisais à le croire…) ! J’étais en arts plastiques et les quelques cours que j’avais eus d’histoire de l’art (des vidéos de l’émission “Palette”, fort éducative, certes, mais pas très vivante) n’étaient pas très probants. Une sortie spéciale “arts pla’ “, comme on disait alors, était prévue dans un musée qui venait d’ouvrir ses portes, de l’autre côté de la frontière : le Guggenheim de Bilbao. Je peux aujourd’hui dire que la visite de ce musée, que je considère comme l’un des plus beaux du monde (bien que j’avoue ne pas en avoir fait le tour mais bon, je préfère, là encore, croire que j’ai raison et qu’il n’y a pas plus magique que le Guggenheim), m’a en quelque sorte sauvé la vie.
Me voilà donc partie dans l’exploration de ce musée, en pattes d’eph’ et autre accessoire Flower Power, lorsque je tombe nez à nez avec un monochrome bleu de Klein. Et là, c’est le choc. Je m’asseois gentiment sur le banc placé en face de l’oeuvre et je me perds dans les tréfonds de la toile de plus de deux mètres de largeur totalement recouverte du célèbre IKB – Internationl Klein Blue, bleu que l’artiste a fait breveter en 1960 – unique et inimitable. Me voilà noyée, plongée dans cette toile qui, deux minutes avant, me paraissait insignifiante. Je ne savais rien sur l’artiste, sur sa technique, sur ses expériences artistiques démentes… ni sur l’IKB ! Et pourtant, je me tenais là, éblouie et submergée par ce bleu saisissant, sans pouvoir bouger. Cette oeuvre serait alors le point de départ de mon amour pour l’art.
Grâce à cette expérience, j’avais le savoir, j’étais sauvée ! Elle m’avait ouvert les portes de la perception et de la réflexion artistique. Grâce à Yves Klein, je ne dirais plus JAMAIS, “moi aussi je peux le faire”.
Monochrome bleu sans titre, IKB 3, 1960, Centre Pompidou.

De mon côté ma chère soeur, je n’ai jamais réussi à me dire “moi aussi je peux le faire”… Sûrement pour me mettre (comme d’habitude), la barre haute !
L’oeuvre qui m’a émerveillée comme jamais (je l’ai d’abord vu tellement de fois en carte postale, poster, and co): le Tryptique de Miro : Bleu I, Bleu II et Bleu III avec une nette préférence pour Bleu II…
Mais tiens, maintenant que j’y pense, le bleu nous lie !!
murielle (en pause artistique)
Une petite bise pour te féliciter, ton blog et vraiment sympa… et instructif! (En tous cas en ce qui me concerne.)
Je suis assez fière de pouvoir dire ici, que moi aussi (en grande inculte de l’art autoproclamée), j’ai pu visiter tes deux musées favoris. Je suis d’ailleurs tombée sur le monochrome au Guggenheim, autant dire que ça ne m’a pas fait le même effet qu’à toi… Mais je m’en souviendrai longtemps quand même.
A très bientôt j’espère!
Amandine
Je ne me suis pas dit : “je peux le faire aussi ….”
je l’ai fait !