Je suis quelqu’un d’ouvert. D’accord. Je ne juge pas les gens. Ok. Mais bon, quand lors d’une exposition ou autre vernissage on entend à tue-tête et à tire-larigot des exclamations de personnes outrées par ”le manque de prouesse technique de l’artiste” ou par “l’aspect enfantin dans tous les sens du terme du rendu visuel de l’oeuvre” (c’est ce que disaient sans doute les premiers critiques à l’encontre de Basquiat…), l’ancienne historienne de l’art contemporain qui sommeille en moi ne peut s’empêcher de bondir !
C’est sûr, c’est facile quand on n’est pas familier à l’art (pis, quand on l’est…) de rester à la surface d’une oeuvre. “Je ne crois que ce que je vois” est la règle. Quand on ne voit rien, il n’y a pas grand chose à dire. Et dans une société où les gens veulent/ont besoin/exigent que tout leur soit mâché, quelle place peut avoir un art contemporain pas forcément facile d’accès, du moins au premier abord ? Je parle d’un art qui n’est pas figuratif, mais plutôt conceptuel (quoique, quand c’est à la mode, on ne réfléchit pas, “on aaaaaadooorre”), qui induit une réflexion ou, pire, d’avoir des connaissances sur le sujet, un art qui ne vous plonge pas dans un plaisir visuel, direct et accessible, mais qui s’adresse à vos neurones. Cet art n’emprunte pas la prouesse technique pour vous éblouir afin de vous séduire, mais plutôt des chemins détournés, parfois pour justement ne pas vous éparpiller et vous transmettre un message essentiel, en mettant au placard l’esthétique et le bon goût, si chers à nos aïeux… (Et finalement à tous aujourd’hui, submergés par des publicités, des marques et autres logos, nous plongeons désespérément dans l’ère du visuel, celui des apparences où l’habit doit faire le moine.)
Alors comment faire, que dire quand on ne peut pas se contenter de dire “OOhhhhh, c’est bôôôô, c’est maGNifique ! ” Il faut faire appel à notre instinct primaire. Mais non, m’sieurs-dames, ce n’est pas difficile ! Il suffit de ressentir et de s’ouvrir à soi-même, si si ! L’art contemporain, et a fortiori l’art actuel, fait souvent appel à nos sens, nos impressions, et en se laissant pénétrer par l’univers de l’artiste ou la magie d’une toile – ou son côté dérangeant, le but étant de se positionner par rapport à une oeuvre, eh oui, et non pas forcément de l’aimer –, on accède à une vérité de l’oeuvre : la nôtre ! Moi, j’vous l’dis, l’art contemporain parle au quidam et surtout l’art actuel. En outre, la multitude des artistes qui sont sur la scène artistique nationale et internationale, l’explosion des catégories d’art classiques – amorcée au XIXe et enclenchée au début du XXe siècle – ne nous permettent pas toujours de suivre ce qu’il se passe et de comprendre, de construire l’art et surtout l’histoire de l’art d’aujourd’hui. Seuls restent nos sens et notre esprit, alors derniers bastions d’un savoir face à l’oeuvre, pour avoir les clés du message (ou du non-message… cela pourrait faire l’objet d’un poste) que veut faire passer l’artiste.
Et avis aux plus réfractaires à l’art. “Moi aussi je peux le faire”, d’accord, si tu veux, mais tu n’avais qu’à y penser le premier !
J’ai finalement trouvé le temps de visiter ton blog et je ne suis pas déçue du voyage
Si l’art ne me parlait pas, j’aurais été de toute façon charmée par ton style, très agréable à lire !
Les sujets que tu abordes m’interessent beaucoup … et désormais j’aurais un peu plus de répondant lorsque les enfants me diront “mais moi aussi je peux le faire” !!!
merci kiki !!!